Bulgarie à la guerre

Délibérations sur l’entrée dans le conflit

La participation de la Bulgarie à la Première Guerre mondiale était principalement motivée par le désir d’unification nationale des Bulgares. En 1885, la principauté de Bulgarie et la Roumélie-Orientale ont proclamé leur union. La mission première du jeune État était l’intégration à cette union d’autres territoires bulgares et de populations bulgares en Macédoine et à Andrinople, puisque ces régions étaient restées sous l’Empire ottoman à la signature du traité de Berlin de 1878.

En 1908, lorsque la Bulgarie a déclaré son indépendance, le roi du pays, le tsar Ferdinand Ier, et l’élite politique bulgare ont concentré leur attention sur l’intégration des Bulgares de Macédoine et d’Andrinople. Étant donné que ni la diplomatie ni la révolte pure et simple (stratégie adoptée pour l’insurrection d’Ilinden de 1903 contre l’Empire ottoman) ne leur permettrait d’arriver à leur fin, l’entrée en guerre semblait être la seule solution.

En 1912-1913, les victoires de la Bulgarie face à l’Empire ottoman lors de la Première Guerre balkanique lui ont permis d’étendre son territoire. Cependant, quelques mois plus tard, dans la catastrophique Deuxième Guerre balkanique, la Bulgarie a été vaincue par la Serbie et la Grèce (d’anciennes alliées), ainsi que par la Roumanie et la Türkiye.

Posing soldiers

Neutralité de la Bulgarie en 1914

À la suite de l’assassinat de l’héritier du trône de l’Empire austro-hongrois François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juillet 1914, l’Autriche-Hongrie a déclaré la guerre à la Serbie, puis l’a envahi. C’est ainsi qu’a commencé la confrontation militaire tant attendue et préparée depuis longtemps entre les nations de l’Entente et les empires centraux. Avant de se joindre aux hostilités, la Bulgarie est restée neutre un certain temps, négociant avec chaque camp pour être certaine de faire le choix le plus judicieux. Les puissances belligérantes ont rapidement invité la Bulgarie à rejoindre leur camp. À l’été 1915, les nations de l’Entente lui ont fait de généreuses promesses que des territoires seraient retirés à l’Empire ottoman. Elles lui ont aussi proposé de la défendre pour lui obtenir une compensation territoriale de la Serbie, de la Grèce et de la Roumanie. Cependant, ces promesses avaient été faites sans l’approbation préalable de Belgrade, d’Athènes et de Bucarest… et ces trois nations de l’Entente ont catégoriquement refusé de faire des concessions.

À leur tour, les empires centraux, dirigés par l’Allemagne, ont garanti à la Bulgarie qu’ils lui donneraient la Macédoine et toute la Serbie en cas de victoire. Ils ont également offert de négocier des concessions territoriales avec l’Empire ottoman. Enfin, ils ont promis de rendre à la Bulgarie tous les territoires qui lui avaient été dérobés par la Grèce et la Roumanie après la Deuxième Guerre balkanique si la Grèce et la Roumanie rejoignaient l’Entente.

La victoire militaire temporaire de l’Allemagne en 1915 face aux forces belges, françaises et britanniques a pesé fort dans la balance du gouvernement bulgare, qui a préféré se ranger du côté de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. De leur côté, les membres des partis d’opposition en Bulgarie préféraient se ranger du côté des nations de l’Entente. En septembre 1915, ils ont averti le tsar Ferdinand Ier des grands risques de s’opposer aux nations de l’Entente. En fin de compte, le désir de vengeance, d’expansion territoriale et d’unification nationale de la Bulgarie s’est avéré plus fort que toute prudence suscitée par sa récente défaite dans la Deuxième Guerre balkanique.

Même si la Bulgarie avait bien pesé les avantages de se joindre à l’un ou l’autre côté, elle avait déjà pris la décision de se ranger du côté des empires centraux. Au début de septembre 1915, elle a conclu un accord et un traité secrets avec l’Allemagne. En complément, elle a aussi signé une convention militaire avec l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne. En échange de son adhésion aux empires centraux, la Bulgarie devait recevoir des territoires des États voisins des Balkans après la guerre, ainsi qu’un prêt équivalent à deux cents millions de francs français. De plus, le même jour, elle a signé une convention avec l’Empire ottoman concernant des « correctifs » à apporter à la frontière le long du cours inférieur du fleuve Maritza avantageant la Bulgarie.

Entrée dans le conflit en 1915

Après une mobilisation générale le 23 septembre 1915, la Bulgarie a déclaré la guerre à la Serbie le 14 octobre. La première et la deuxième armées ont avancé vers les forces serbes, tandis que la troisième armée est restée dans le nord de la Bulgarie pour réagir aux menaces potentielles de la Roumanie. En 1915, l’armée bulgare comptait 530 000 officiers et soldats, nombre qui a atteint 850 000 militaires avant la fin de la guerre.

La participation de la Bulgarie à la Première Guerre mondiale peut être divisée en une période d’« attaque », d’octobre 1915 à la fin de 1916, et en une période de « positionnement », de 1917 à la fin de la guerre en 1918. Pendant la période d’attaque, les troupes bulgares ont réussi à percer la résistance des forces serbes ainsi que celles des unités de l’Entente venues en renfort à la Serbie. La Bulgarie a vaincu l’ennemi dans la vallée de Timok, en Pomoravlje et en Macédoine. Les forces serbes ont été complètement vaincues.

Cependant, le commandement militaire allemand a ordonné l’arrêt de l’offensive bulgare à la frontière grecque. Ainsi, les nations de l’Entente ont pu par la suite ouvrir un deuxième front contre les empires centraux. Dans les territoires que la Bulgarie avait déclarés libérés, des districts d’inspection militaire ont été établis, puis les administrations de Moravie et de Macédoine ont intégré la législation bulgare. Plus tard, un troisième district d’inspection militaire a été mis sur pied dans la mer Égée.

Le 1er septembre 1916, la Bulgarie a déclaré la guerre à la Roumanie, qui s’était jointe aux nations de l’Entente. Le lendemain, la première division de cavalerie bulgare est entrée dans la Dobroudja. Aidée des troupes turques, la troisième armée bulgare a vaincu l’armée roumaine, épaulée par les forces russes et serbes. La forteresse de Tutrakan, réputée imprenable, a également été vaincue. Le 6 décembre, la capitale de la Roumanie, Bucarest, est tombée aux mains des forces bulgares. La Roumanie a capitulé, mais cette situation n’a duré que jusqu’en novembre 1918, date à laquelle la Roumanie a réintégré la guerre. Pendant ce temps, les forces bulgares ont établi un front stable, le front de Dobroudja (au nord) contre les troupes russes de l’autre côté du Danube.

La période de « positionnement » de 1917 à 1918

En 1916, un équilibre du pouvoir s’est installé entre les armées adverses sur le front occidental (en Serbie) et le front sud (le long de la frontière avec la Grèce) de la Bulgarie. Par la suite, les actions militaires ont pris un caractère de positionnement. En 1917, la Russie et la Roumanie se sont retirées de la guerre. De ce fait, la Dobroudja du Sud fut cédée à la Bulgarie en vertu du traité de Bucarest de 1918. La Dobroudja du Nord a continué temporairement de relever des empires centraux, mais a ensuite été rendue à la Bulgarie, ainsi qu’à toute la Dobroudja, en vertu du protocole de Berlin.

En 1918, la Bulgarie et ses alliés se sont retrouvés dans une position difficile. En période d’importante stagnation économique, le maintien d’une grande armée était devenu insoutenable. Comme les biens de première nécessité se faisaient rares, le marché noir et la spéculation sont devenus monnaie courante. Des émeutes de la faim ont éclaté à plusieurs endroits, suivies d’émeutes chez les femmes, causées par les pénuries alimentaires. Un vif mécontentement a commencé à se faire sentir chez les soldats. Des troubles ont éclaté au sein de certaines unités militaires et au front.

Face à cette situation complexe tant dans les affaires militaires que dans la vie civile, le premier ministre Vasil Radoslavov, alors au pouvoir depuis 1913, a démissionné le 15 juin 1918. Une semaine plus tard, Alexandre Malinov a pris la tête du gouvernement suivant. Même si le nouveau gouvernement avait été formé par des représentants des partis en faveur de l’Entente, il a maintenu ses obligations politiques et militaires envers les empires centraux. Il a aussi tenté d’empêcher tout recul par rapport aux objectifs d’unification nationale de la Bulgarie, qui avaient été clairement énoncés pendant les années de guerre.

Lorsque les États-Unis se sont joints à la guerre contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie en avril 1917, les rapports de force ont basculé fortement en faveur des nations de l’Entente, qui ont alors augmenté leurs forces sur divers fronts, y compris le front sud de la Bulgarie. Cependant, les quatorze points du président américain Woodrow Wilson ― ses nouvelles lignes directrices pour les relations entre les nations d’après-guerre ― avaient été présentés au Congrès américain en janvier 1918 et donnaient aux Bulgares espoir qu’après les hostilités, les nations parviendraient à un règlement équitable par rapport aux aspirations territoriales nationales de la Bulgarie.

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La fin de la participation de la Bulgarie à la guerre

Toutefois, le vent n’a pas tourné en la faveur de la Bulgarie. En septembre 1918, après des jours de bombardements d’artillerie alliés sur le front sud, une attaque des nations de l’Entente a percé les défenses bulgares à Dobro Polje. Il s’en est suivi une attaque supplémentaire des nations de l’Entente dirigée vers les anciennes frontières de la Bulgarie.

Les défaites de la Bulgarie qui en ont résulté ont déclenché le soulèvement des Vladai (soldats). Lorsque les troupes bulgares se sont retirées du front, ce dernier a été abandonné dans le chaos. Les rebelles se sont ensuite emparés du quartier général du commandement militaire bulgare à Kyustendil. Leurs dirigeants, représentés par le responsable de l’agriculture Alexandre Stamboliyski, le président autoproclamé du gouvernement provisoire, et Rayko Daskalov, le commandant en chef des soldats déserteurs, ont proclamé la « République de Radomir ». Les soldats rebelles se sont ensuite dirigés vers Sofia, la capitale de la Bulgarie, mais une contre-attaque des administrations publiques a mis fin à la rébellion.

La Bulgarie signe un armistice

Les mutineries des soldats, ainsi que les revers militaires au front, ont forcé la Bulgarie à signer un armistice à Thessalonique le 29 septembre 1918, mettant fin à sa participation dans la Première Guerre mondiale. Les conditions de l’armistice comprenaient le retrait des troupes bulgares de Serbie et de Grèce, la démobilisation immédiate de la Bulgarie, le rapatriement des prisonniers de guerre bulgares situés à l’ouest du fleuve Vardar, ainsi que le retrait des troupes allemandes et austro-hongroises et des représentants diplomatiques de leurs pays. De leur côté, les forces des nations de l’Entente ont obtenu le droit de traverser le territoire bulgare; d’utiliser les chemins de fer, les routes, les voies navigables et les ports bulgares, puis de prendre le contrôle des réseaux téléphoniques et télégraphiques. Le plan des nations de l’Entente était d’occuper des emplacements stratégiques et d’avoir accès aux ports bulgares de la mer Noire pour une navigation neutre. Le tsar Ferdinand Ier a été forcé d’abdiquer, cédant le trône à son fils Boris, prince de Tarnovo.

Après l’armistice

Le traité de Neuilly, signé le 27 novembre 1919, s’est révélé encore plus désastreux pour le pays. La Bulgarie a perdu la Macédoine du Vardar ainsi que la région de Stroumitsa, qui a été absorbée par le royaume des Serbes, Croates et Slovènes (SCS). De plus, la Bulgarie a perdu ses régions les plus à l’est, ainsi que les villes de Tsaribrod et de Bosilegrad, qui ont également été cédées au royaume des SCS. La Dobroudja est redevenue roumaine. La mer Égée, d’abord placée sous la domination des nations de l’Entente, a plus tard été rendue à la Grèce. La Thrace orientale faisait toujours partie de la Türkiye. À la signature du traité de Neuilly, la Bulgarie a perdu son droit de maintenir ses propres forces armées et s’est vu imposer le paiement d’une somme colossale de 2,25 milliards de francs-or au titre des réparations de guerre. Plus de 100 000 soldats et officiers bulgares ont perdu la vie ou disparu sur les champs de bataille, et des dizaines de milliers d’autres ont été blessés ou fait prisonniers. L’économie bulgare s’est effondrée sous cette deuxième catastrophe nationale, mettant fin tragiquement à son rêve d’unification nationale.

Traitement des prisonniers de guerre et échanges de prisonniers pendant la guerre

Outre les opérations militaires de la guerre, le traitement des prisonniers de guerre revêtait une grande importance. La Bulgarie respectait scrupuleusement les règles de la Convention de La Haye de 1907, selon lesquelles les convictions religieuses des troupes capturées par un ennemi devaient être respectées; les dons et secours en nature destinés aux prisonniers de guerre étaient affranchis de tous droits d’entrée et autres, ainsi que des taxes de transport; les officiers prisonniers recevaient la solde à laquelle les officiers de même grade du pays où ils étaient retenus avaient droit. En ce qui concerne le traitement des prisonniers, l’article 14 de la Convention de La Haye prévoyait la création d’un bureau de renseignements sur les prisonniers de guerre, responsable des échanges ou des mutations des prisonniers, des libérations, de leur traitement pendant leur incarcération, etc.

Au début de la guerre, la Bulgarie a mis sur pied un tel bureau au sein du ministère de la Guerre dont la formation, la structure et les tâches étaient déterminées par un règlement sur les prisonniers de guerre. Le bureau avait des règles régissant le traitement des prisonniers étrangers, le maintien de l’ordre dans les camps de prisonniers et l’utilisation des prisonniers comme travailleurs. Le 27 mars 1918, le règlement a été abrogé et de nouvelles règles applicables aux prisonniers et aux internés ont été annoncées. Un district d’inspection a été mis sur pied au ministère de la Guerre. Il était responsable des internés et des prisonniers de guerre, des camps qui les abritaient et des unités de distribution qui envoyaient les prisonniers et les internés dans des camps désignés. Le premier camp, le dépôt de Sofia, avait été établi le 10 octobre 1915, suivi par des camps à Orhanie (aujourd’hui Botevgrad), Sliven, Kazanluk, Plovdiv, Vratsa et Shumen.

À la fin des hostilités en 1918, le traitement des prisonniers était devenu assez clément, malgré les tentatives de traitement plus sévère. Les prisonniers étaient principalement utilisés comme main-d’œuvre pour renforcer les positions militaires, assécher les zones inondées, construire des routes et des chemins de fer ou aider à la reconstruction des colonies détruites par les actions militaires. La Bulgarie et les nations de l’Entente ont procédé à des échanges de prisonniers. La priorité a été accordée aux hommes inaptes en raison d’une maladie, d’un handicap ou d’autres causes, ou à ceux qui étaient uniquement détenus jusqu’à ce qu’ils puissent être échangés contre des prisonniers bulgares. À l’époque, les prisonniers de guerre recevaient des soins médicaux de grande qualité. Selon le rapport de mai 1917 du service de médecine militaire du ministre de la Guerre, le typhus a frappé beaucoup moins fort les prisonniers de guerre en Bulgarie que les soldats bulgares.

La population civile bulgare a organisé des collectes pour venir en aide à ses soldats détenus à l’étranger. De l’aide a également été apportée par la Croix-Rouge et d’autres organismes à travers la Bulgarie. L’une des raisons de ces mobilisations était la perception de la société civile bulgare selon laquelle, dans l’ensemble, les Bulgares faits prisonniers étaient mal traités; une perception qui n’a pu être véritablement documentée qu’après la signature de l’armistice de Thessalonique en 1918 et surtout après la signature du traité de Neuilly en 1919.

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Le rapatriement des prisonniers après la guerre

Après la signature du traité de Neuilly, les prisonniers et internés étrangers en Bulgarie ont été libérés et leur rapatriement a commencé. Les autorités bulgares ont déployé des efforts considérables pour libérer rapidement les prisonniers étrangers détenus en Bulgarie, parce qu’elles étaient convaincues qu’elles accéléreraient ainsi la libération des prisonniers, des internés et des otages bulgares détenus à l’étranger. Le rapatriement des prisonniers russes dans leur patrie était une tâche particulièrement délicate puisque, après le soulèvement d’octobre 1917, un grand nombre d’entre eux ne voulaient pas retourner dans un pays gouverné par les bolchéviques.

Les autorités bulgares ont pris soin de rapatrier de l’étranger les Bulgares captifs en respectant les modalités du traité de Neuilly. Selon l’article 105 du traité : « Le rapatriement des prisonniers de guerre et internés civils ressortissants de l’État bulgare aura lieu aussitôt que possible après la mise en vigueur du présent Traité et sera effectué avec la plus grande rapidité. » D’avril 1919 à avril 1920, 48 572 otages et prisonniers sont rentrés en Bulgarie. Malheureusement, le processus n’était pas si simple et le rapatriement des Bulgares a duré jusqu’à la fin des années 1920. Selon les registres du quartier général de l’armée, en juillet 1920, 111 811 Bulgares étaient toujours prisonniers de guerre ou otages.

En plus de tenter d’achever le rapatriement des Bulgares des camps étrangers, les autorités devaient aussi s’occuper de leurs prisonniers qui étaient rentrés au pays. Par l’arrêté royal no 21 du 31 mars 1920, la construction d’une caserne à la gare de Sveti Vrach (aujourd’hui Sandanski) a été approuvée pour fournir un abri, de la nourriture et des soins médicaux aux prisonniers et aux otages revenant de Thessalonique. L’armée n’est pas restée passive. Elle a désigné les hôpitaux des gares de Sveti Vrach et de Lubiméts pour offrir des soins médicaux aux militaires bulgares faibles ou malades de retour après avoir été captifs de nations alliées.

L’éminent diplomate, philosophe et émigrant politique bulgare Stefan Popov, qui avait lui-même vécu les difficultés de l’exil forcé, a écrit : « Un vent de changement a soufflé dans les relations de la Bulgarie avec l’Europe, en grande partie causé, ou plutôt accéléré, par la Première Guerre mondiale. L’égalité des conditions dans les tranchées et la captivité a nivelé les différences supposées entre les pays puissants et les faibles » [traduction libre]. Ces propos de Popov sont encore justes dans le contexte politique actuel du Vieux Continent.

Bien sûr, la plus grande tragédie de la Première Guerre mondiale est le nombre de soldats tombés au combat et les conditions difficiles dans lesquelles leurs familles se sont retrouvées. Environ 90 000 Bulgares sont morts sur les champs de bataille, sans compter les victimes civiles. Par respect et par commodité pour leurs descendants, en 1915, le service des archives nationales de la Bulgarie a créé une collection archivistique sur les guerres de Bulgarie dans laquelle le site Web https://wars.archives.bg/ww1, dédié à la Première Guerre mondiale, occupe la place qui lui revient.

Dans la collection, une place importante est accordée à la rubrique des listes, où l’on retrouve des renseignements personnels sur les officiers, les soldats et les civils qui ont participé aux guerres. La base de données a été créée à partir des listes des militaires décorés, des militaires décédés et des autres participants aux guerres, stockées dans le réseau documentaire des archives historiques militaires de l’État de Veliko Tarnovo. La mémoire de ceux qui sont décédés et ont souffert pendant la Première Guerre mondiale doit être préservée et perpétuée auprès des générations futures. Espérons qu’ils tireront les leçons nécessaires et qu’ils se souviendront des événements et des grandes personnalités, mais aussi qu’ils empêcheront, par leurs paroles et leurs actes, la répétition d’événements aussi tragiques que ceux qui ont mené à un conflit encore plus sanglant au XXe siècle.

Service des archives nationales de la Bulgarie