
L’Irlande à la guerre
L’histoire de la participation de l’Irlande et des Irlandais issus de la diaspora à la Grande Guerre est complexe et sujette à controverse.
Avant la guerre : la lutte pour l’autonomie de l’Irlande
Pendant plus d’un siècle, l’armée britannique et les affectations qu’elle offrait dans l’ensemble de l’Empire ont constitué pour les Irlandais une carrière potentielle et une source de revenus versée directement à leurs familles en Irlande. Lorsque la Grande Guerre a éclaté en août 1914, l’Irlande elle-même était au bord de la guerre civile et au moins trois organismes « bénévoles » ainsi que l’armée citoyenne irlandaise, l’Irish Citizen Army, s’opposaient sur le projet Home Rule, la question d’autonomie de l’Irlande. En 1912, après l’échec de plusieurs démarches législatives visant à assurer l’autonomie de l’Irlande au sein du Royaume-Uni et de l’Empire, le Parlement de Westminster a adopté une loi ayant pour effet la constitution, d’ici 1914, d’un parlement irlandais distinct à Dublin, responsable des trente-deux comtés de l’Irlande. La population protestante d’Irlande, minoritaire et vivant principalement dans la province d’Ulster, a rejeté la loi et des centaines de milliers d’hommes et de femmes ont signé l’Ulster Covenant, un pacte dénonçant le projet Home Rule et promettant de lutter pour conserver l’autorité directe de Westminster sur l’Irlande. Certains unionistes ont formé l’Ulster Volunteer Force, ou UVF (force des volontaires d’Ulster), un groupe paramilitaire prêt à se battre pour empêcher la mise en œuvre du projet Home Rule, qu’ils considéraient comme ni plus ni moins qu’un « Rome Rule », soit la domination du pays par la majorité catholique romaine d’Irlande. En réaction, les catholiques ont créé les Irish Volunteers (volontaires irlandais), un groupe soutenant officiellement la défense du projet Home Rule promis, bien qu’ils aient été infiltrés par un petit nombre d’éléments radicaux de l’Irish Republican Brotherhood (Fraternité républicaine irlandaise) prêts à recourir à la violence pour mettre fin à la domination britannique en Irlande. Certains des officiers supérieurs de l’armée britannique, en poste sur la plaine de Curragh dans le comté de Kildare, menacèrent pour leur part de démissionner plutôt que de prendre les armes contre l’UVF, dont ils partageaient les principes unionistes.
L’Irlande et la guerre
La déclaration de guerre de la Grande-Bretagne à l’Allemagne et à ses alliés en 1914 mit temporairement fin aux hostilités ouvertes en Irlande. John Redmond, chef de l’Irish Parliamentary Party, le parti parlementaire irlandais qui a contribué à mettre sur pied le projet Home Rule de manière pacifique, reçut l’assurance du gouvernement britannique qu’une fois la guerre terminée, le projet de loi portant sur l’autonomie serait promulgué. John Redmond, alors responsable des Irish Volunteers, a enjoint à ceux-ci de s’engager dans l’armée britannique et de démontrer ainsi clairement leur loyauté envers la Couronne et leur capacité à se gouverner eux-mêmes. Rien qu’en 1914, plus de 30 000 membres des Irish National Volunteers, ainsi rebaptisés ont intégré la British Expeditionary Force (BEF), le corps expéditionnaire britannique, incorporant principalement deux divisions irlandaises, la 10e et la 16e, formées à partir d’au moins 13 régiments historiques, tels que les Royal Irish Fusiliers, les Connaught Rangers, les Royal Dublin Fusiliers et les Royal Munster Fusiliers. De même, sur les encouragements du chef unioniste Sir Edward Carson, près de 28 000 membres de l’UVF se sont portés massivement volontaires, principalement dans la 36e division d’Ulster (36th Division), majoritairement protestante. La 36e division se distinguera le 1er juillet 1916, premier jour de la bataille de la Somme, comme l’une des quelques divisions britanniques à atteindre ses objectifs dès les premiers jours de l’offensive de la Somme. Les pertes subies, en revanche, furent terribles, de sorte que la plupart des familles de Belfast et des autres centres du nord de l’Irlande déplorèrent ce jour-là la perte d’un fils, d’un mari, d’un père, faisant de cette date une journée de commémoration sacrée dans l’ensemble de l’Ulster. En 1917, les 16e et 36e divisions combattirent côte à côte à Messines, en Belgique, qui accueille à présent la tour du Parc de la Paix de l’île d’Irlande (érigée en 1998), un lieu de commémoration des victimes irlandaises décédées pendant la guerre et le symbole de la réconciliation de l’Irlande d’aujourd’hui. On estime que près de 200 000 soldats volontaires et de métier venus d’Irlande ont servi dans les rangs de la BEF.
La diaspora irlandaise en Grande-Bretagne
Pendant plus d’un siècle, les Irlandaises et les Irlandais ont émigré vers l’Angleterre, l’Écosse et le Pays de Galles en quête de travail. En 1914, plusieurs milliers d’Irlandais et de descendants d’Irlandais vivant dans l’ensemble de la Grande-Bretagne étaient recrutés directement dans des régiments irlandais, au sein de la « nouvelle armée » de la British Expeditionary Force de Lord Kitchener. À Liverpool, peut-être l’une des villes les plus irlandaises du monde, un recrutement massif a été organisé en 1914 pour compléter le 8th (Irish) Battalion, le King’s Liverpool Regiment, ainsi que deux bataillons supplémentaires plus tard dans la guerre. Les London Irish Rifles ont formé trois bataillons, lesquels ont été divisés en plusieurs brigades et sont intervenus en Belgique, en France et au Moyen-Orient entre 1915 et 1918. À la fin de la guerre, les London Irish totalisaient 1 016 tués et 2 644 blessés. Les Irlandais qui vivaient et travaillaient dans la région de Newcastle ont formé six bataillons (dont deux étaient des bataillons de réserve), constituant ainsi une brigade entière, la Tyneside Irish. Lors de la bataille de la Somme, la Tyneside Irish Brigade fut quasiment décimée et les bataillons survivants ont dû être constitués et intégrés à d’autres unités. La création de bataillons et de brigades « désignés » ne raconte qu’une partie de l’histoire de la présence irlandaise dans l’armée britannique. Des milliers d’Irlandais vivant en Grande-Bretagne ont été recrutés pour intégrer des unités ne portant pas de désignation irlandaise, dans leur quartier, leur paroisse ou sur leur lieu de travail. Il est donc très difficile de déterminer avec certitude le nombre total d’Irlandais recrutés, morts ou blessés.

L’insurrection de Pâques 1916
La participation des soldats et infirmiers irlandais au sein des divisions britanniques et irlandaises dans des endroits tels que Gallipoli, la Belgique, la France, Thessalonique et la Mésopotamie, s’est trouvée éclipsée par l’insurrection de Pâques et ses conséquences, à Dublin, au printemps 1916. Sous l’influence de l’IRB, des milliers de membres des Irish Volunteers sont restés en Irlande, refusant de s’engager, et ont poursuivi les exercices de style militaire en clamant que « toute difficulté de l’Angleterre [était] une opportunité pour l’Irlande ». Le lundi de Pâques, des membres de l’IRB, certaines unités des Irish Volunteers et des membres de l’armée citoyenne socialiste (le quatrième corps armé, qui voulait l’indépendance et la justice sociale pour les travailleurs), équipés d’armes provenant principalement de l’Allemagne impériale, prirent le contrôle de bâtiments clés de Dublin. Après une semaine de combats acharnés et l’établissement de la loi martiale en Irlande, les unités de l’armée britannique réprimèrent le soulèvement et arrêtèrent ses meneurs. La plupart des Irlandais, tant en Irlande que dans le reste du monde, dénoncèrent l’insurrection, la qualifiant d’acte de folie et de déloyauté, jusqu’à ce que les autorités britanniques exécutent sommairement seize meneurs à l’issue de procès militaires expéditifs. Ce geste fit pencher l’opinion publique dans la mesure où celle-ci estima que le général John Maxwell fit des Irlandais des martyrs, réduisant à néant les décennies de travail acharné accompli par des nationalistes constitutionnels tels que John Redmond. La Grande-Bretagne observa par la suite l’Irlande d’un œil plus suspicieux, d’autant plus que les Allemands avaient aidé l’IRB. Au cours des dernières années de la guerre, alors que le nombre de victimes continuait de croître et que les divisions britanniques diminuaient, les tentatives de Westminster d’imposer la conscription furent rejetées par l’Irlande. Malgré l’adoption de la loi, la conscription n’a jamais été imposée en Irlande par crainte de voir l’insurrection se poursuivre : la Grande-Bretagne n’ayant pas besoin d’un second front alors que la guerre ne rencontrait qu’un succès minime sur le front de l’Ouest. Lorsque la guerre prit fin en 1918, la contestation était toujours aussi forte et la Grande-Bretagne se retrouva bientôt engagée dans la guerre d’indépendance irlandaise (1919-1921) aux côtés des unités des Irish Volunteers, ou, comme on les appela à partir d’août 1919, l’Armée républicaine irlandaise. En 1922, aux termes de la loi sur le gouvernement de l’Irlande (1920) et du traité anglo-irlandais (1921), l’État libre d’Irlande fut créé selon les termes du traité anglo-irlandais (1921), sans, toutefois, les six comtés de l’Ulster, qui formèrent l’Irlande du Nord et continuèrent de faire partie du Royaume-Uni.
Les Irlandais aux États-Unis
Au cours du siècle précédant la guerre, des centaines de milliers d’Irlandais ont émigré aux États-Unis. Cette importante communauté irlandaise de ce qu’on appelait l’« Amérique », installée notamment dans des enclaves urbaines telles que Boston, Philadelphie, New York, Chicago et La Nouvelle-Orléans, suivit de très près les événements qui se sont déroulés en Irlande au cours des décennies antérieures à la Grande Guerre. Sans surprise, la communauté irlandaise aux États-Unis était divisée en deux camps : ceux qui préféraient les solutions constitutionnelles à la « question de l’autonomie irlandaise » d’une part et d’autre part, un groupe très local d’Américains d’origine irlandaise qui défendait avec ardeur l’indépendance de l’Irlande et appuyait la création d’une république irlandaise par la force physique. Sur le plan historique, la diaspora irlandaise aux États-Unis a toujours constitué un précieux soutien financier pour une grande diversité de mouvements nationalistes irlandais. Durant la crise du projet Home Rule qui a précédé la guerre, c’est ce dernier groupe de nationalistes radicaux qui prit le devant de la scène. En 1914, les Irlando-Américains et l’une des plus importantes organisations fraternelles irlandaises, l’Ancient Order of Hibernians (AOH), se démarquèrent par leurs sentiments anti-britanniques et pro-germaniques, rendant difficile pour le président des États-Unis Woodrow Wilson et le parti démocrate, qui rassemblait les votes de nombreux Irlando-Américains, d’apparaître comme soutenant l’Empire britannique et ses alliés. Les Hiberniens du Canada, par exemple, qui soutenaient en grand nombre le combat de l’Empire, ont exigé du gouvernement du premier ministre Robert Borden qu’il interdise aux publications de l’AOH de traverser la frontière, arguant qu’elles étaient séditieuses.
Toutefois, lorsque les États-Unis déclarèrent la guerre aux Empires centraux en 1917, les Irlando-Américains manifestèrent clairement leur loyauté envers leur république d’adoption. Des dizaines de milliers d’Irlando-Américains avaient combattu des deux côtés de la guerre de Sécession (1861-1865) et certaines unités datant de cette époque réapparurent au sein des forces expéditionnaires des États-Unis. La plus notable fut notamment le 69th Irish Regiment of New York, immortalisé par le surnom « The Fighting 69th » (le soixante-neuvième combat) et son célèbre aumônier d’origine canadienne, le père Francis Duffy, aujourd’hui encore le seul prêtre américain à bénéficier d’un monument érigé en son honneur dans un lieu public : Times Square. Bien qu’ils ne soient pas constitués exclusivement d’irlandais (même si ceux-ci forment la majorité de leurs membres), les Chevaliers de Colomb ont mis en place la campagne des « huttes militaires », laquelle offrait des infrastructures de loisir, des salles de lecture et des centres de convalescence aux troupes situées aux États-Unis et en Europe, sans distinction de religion ou de nationalité. Les Irlando-Américains ont combattu en tant qu’alliés, principalement pour démontrer leur statut de citoyens patriotes des États-Unis, sans égard pour les politiques britanniques en Irlande. À la fin de la guerre, des milliers d’Irlando-Américains ont conservé leur soutien au Clan na Gael, qui devint un agent assurant l’approvisionnement de l’armée républicaine irlandaise en armes et en argent.
Les Irlandais au Canada
Au Canada, les protestants et les catholiques irlandais ont massivement soutenu l’effort de guerre, de la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne jusqu’à la fin des hostilités en Europe. Les catholiques irlandais, qu’ils soient irlandais de naissance ou d’ascendance, se sont ralliés à l’Empire, encouragés par le soutien enthousiaste des évêques, des prêtres, des hommes politiques, des journaux d’information religieux et des sociétés fraternelles de bienfaisance. La grande majorité des Canadiens catholiques d’origine irlandaise ne trouvaient pas contradictoire d’appuyer l’Empire tout en souhaitant voir se concrétiser, dans un cadre constitutionnel établi, le projet Home Rule en Irlande. Comme l’ont proclamé de nombreux dirigeants catholiques irlandais : l’Irlande avait besoin de ce dont le Canada disposait déjà : un gouvernement autonome au sein de l’Empire britannique. Même si une petite minorité de Canadiens irlandais favorisaient l’emploi de la force pour obtenir l’indépendance de l’Irlande, les catholiques irlandais et leurs dirigeants étaient largement divisés entre ceux qui soutenaient avec enthousiasme l’adoption du « modèle canadien » comme réponse à la question irlandaise, tandis que les protestants irlandais défendaient avec ardeur le maintien du statu quo de l’Union entre la Grande-Bretagne et l’Irlande.
Deux célèbres bataillons irlandais ont émergé au sein du Corps expéditionnaire canadien : le 199th Irish Rangers, un régiment principalement catholique formé à Montréal et dans l’Est de l’Ontario, et le 208th Toronto Irish (plus tard rebaptisé Irish Regiment of Canada), majoritairement protestant. Les deux bataillons furent démantelés à leur arrivée en Angleterre, afin de reconstituer les brigades qui avaient perdu beaucoup de leurs effectifs dans les quatre divisions actives du Canada; pas avant, toutefois, que les membres du 199th Irish Rangers n’ait paradé dans toute l’Irlande pour stimuler le recrutement. La plupart des Canadiens irlandais étaient des membres actifs d’unités de la milice locale et se distinguèrent dans des bataillons de soutien général formés à Halifax, Saint John, Ottawa et dans l’Ouest des Prairies. Les Canadiens irlandais étaient les plus susceptibles de s’engager dans les unités locales et régionales, suivant l’exemple des membres de leur famille, de leurs collègues au travail et à l’école ou des amis du voisinage. On estime que lorsque l’engagement volontaire a pris fin, près de 32 000 catholiques irlandais avaient rejoint les rangs du Corps expéditionnaire canadien et du Corps infirmier associé. Le soutien de l’effort de guerre par les catholiques irlandais et leur clergé a engendré des tensions entre ces derniers et la majorité franco-canadienne au sein de l’Église catholique au Canada, qui fuyait les pièges de l’impérialisme et s’opposait à la conscription.
Les Irlandais à Terre-Neuve
En 1914, Terre-Neuve était un membre indépendant de l’Empire britannique, et sa population irlandaise représentait la minorité ethnique la plus importante de la colonie. Il n’est donc pas surprenant que plus trente de 30 pour cent (830/2687) des membres du Royal Newfoundland Regiment (RNR) aient été catholiques et pour la plupart, d’ascendance irlandaise. Les Terre-Neuviens d’origine irlandaise avaient soutenu le projet Home Rule constitutionnel pour l’Irlande, tout en se disant fiers que Terre-Neuve fasse partie intégrante de l’Empire britannique. Ayant suivi leurs entraînements en Égypte, ils ont combattu aux côtés des soldats de l’Australian and New Zealand Army Corps World War I durant la campagne de Gallipoli, avant de rejoindre le front de l’Ouest. Le matin fatidique du 1er juillet 1916, ils se trouvaient parmi les vagues d’Irlandais qui, avec la Tyneside Brigade et la 36th Ulster Division, ont donné l’assaut le premier jour de la bataille de la Somme. Le RNR faisait quant à lui partie de la seconde vague de brigades qui ont donné l’assaut à Beaumont Hamel et qui, à la fin de la journée, ont eu à déplorer la perte de 80 pour cent de leurs effectifs. Ce jour-là, à l’instar de l’Ulster, quasiment tous les ports étrangers, toutes les rues de Terre-Neuve, pleurèrent la perte d’un être cher.

Les Irlandais en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande
Partout ailleurs dans l’Empire britannique, les immigrants nés en Irlande et les descendants d’Irlandais étaient très bien représentés dans les contingents envoyés vers les différents fronts par l’Afrique du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Bien que la population irlandaise d’Afrique du Sud ait été assez faible, et majoritairement protestante, les Irlandais de Johannesburg ont formé ce qui fut appelé par la suite le South African Irish Regiment. Ce régiment est intervenu notamment dans la capture du territoire voisin allemand de l’Afrique du Sud-Ouest (Namibie) et, en 1915, certains de ses membres ont été redéployés dans d’autres unités pour la campagne contre l’Afrique de l’Est allemande (Tanganyika). Sur le front de l’Ouest, une compagnie d’Irlandais a servi dans le 5th South African Infantry.
Les Irlandais aux antipodes faisaient partie des troupes coloniales alliées, les ANZAC (Australia and New Zealand Army Corps, soit les corps d’armée australien et néo-zélandais). Les Irlandais, principalement catholiques, constituaient une importante majorité dans les deux pays, les Australiens irlandais étant historiquement présents en grand nombre dans les Volunteer Rifle Movement et New South Wales Irish Rifles. Bien que cette unité n’ait pas été déployée comme l’un des régiments des ANZAC, des milliers d’Australiens irlandais rejoignirent les rangs des autres unités. On estime à 6 600 le nombre d’hommes et de femmes d’origine irlandaise ayant servi au sein des régiments australiens intégrés aux ANZAC durant la Grande Guerre. Sur ce nombre, 970 furent tués durant la campagne de Gallipoli, ou sur le front de l’Ouest. À l’instar du Canada, le gouvernement australien a tenté d’établir une politique de conscription, qui fut rejetée par deux référendums. Contrairement au Canada, certains des principaux opposants à cette mesure étaient des catholiques irlandais et leurs prélats, lesquels arguaient que les Australiens ne devraient pas être contraints de se battre, mais que leur engagement devait être volontaire. Le détracteur de la conscription le plus notable était l’archevêque Daniel Mannix, prélat controversé de Melbourne, d’origine irlandaise. Avant toute chose, Daniel Mannix était un nationaliste irlandais zélé, qui déclara plus tard à un public irlando-américain : « L’Angleterre était votre ennemie hier, elle est votre ennemie aujourd’hui. L’Angleterre sera à jamais votre ennemie. » [traduction libre]. Bien que cette pensée ne soit pas représentative des sentiments de la plupart des Australiens d’origine irlandaise, il ne fait aucun doute que l’insurrection de Pâques et les référendums sur la conscription ont exacerbé les tensions sectaires en Australie de la même manière que dans le reste de l’Empire.
Mark G. McGowan, Université de Toronto