A French soldier relaxes with a cigarette

La France à la guerre

1914 : un engrenage implacable

Le 3 août 1914, par le jeu des alliances militaires en Europe, l’Empire allemand déclare la guerre à la France. Celle-ci se retrouve alors aux côtés de l’Empire britannique et de la Russie tsariste face aux troupes germaniques. Sous les ordres du futur maréchal Joffre, l’armée française, mobilisée en moins d’un mois, parvient à stopper les troupes allemandes lors de la bataille de la Marne, du 5 au 12 septembre. Mais les pertes sont effroyables : le 22 août 1914, la France perd plus de 20 000 soldats en une seule journée de combat.

La guerre des tranchées

A la fin de l’année 1914, le front se stabilise et les soldats français creusent des tranchées face à leurs ennemis, également contraints de s’enterrer. Après plus d’un an de tentatives de rupture du front de part et d’autre, les Allemands cherchent en vain à emporter la décision lors de la terrible bataille de Verdun de février à décembre 1916, faisant 400 000 morts des deux côtés. Le 1er juillet 1916, les Britanniques et les Français attaquent à leur tour dans la Somme, bataille tout aussi sanglante. Ces deux confrontations ne donnent aucun résultat définitif. Moins d’un an plus tard, l’ambitieuse offensive du Chemin des Dames suscite hécatombes et refus d’obéissance dans certaines unités françaises.  Le général Pétain, commandant en chef, décide d’attaquer les Allemands là où ils sont les plus faibles, pour minimiser les pertes lors d’actions offensives ponctuelles et localisées, comme à la Malmaison du 23 au 25 octobre 1917. Les soldats français reprennent confiance sous les ordres de ce chef qui se montre proches d’eux, contrairement à ses prédécesseurs plus distants avec la troupe.

Line of soldiers with rifles

Les offensives sanglantes de 1918

Les Allemands, victorieux à l’Est contre la Russie alors en pleine révolution bolchévique depuis mars 1917, renforcent avec les unités à nouveau disponibles leur armée sur le front Ouest contre les Français et les Britanniques. Les Américains, entrés en guerre depuis mai 1917, commencent à faire parvenir du matériel et des soldats en Europe. Ces derniers sont formés en grande partie par l’armée française. Malgré des succès initiaux, les grandes offensives du général allemand Ludendorff du printemps 1918 échouent. Les autorités allemandes sont contraintes à signer l’armistice dans la clairière de Rethondes, le 11 novembre 1918. Cette victoire et aussi le résultat des efforts de la marine française et britannique qui ont asphyxiées l’économie du Reich allemand et de ses alliés continentaux empêchant tout ravitaillement.

Un pays détruit et une population saignée

La France sort exsangue de la Première Guerre mondiale : elle déplore 1 700 000 morts dont 1 300 000 combattants. A la sortie de la guerre, son armée s’est modernisée et en partie mécanisée, grâce à l’apparition d’armes nouvelles, dont les chars d’assaut et les avions sont les exemples les plus emblématiques. Ses chefs sont auréolés d’un très grand prestige tel et le maréchal Foch, nommé en 1918, commandant militaire interallié.

L’Empire colonial français a participé activement à l’effort de guerre de la métropole en lui envoyant soldats, ouvriers et matières premières. Les hommes français ont été remplacés dans les usines et dans les campagnes par les femmes qui se sont ainsi émancipées. La France à la fin du conflit est une puissance fragilisée notamment à cause des pertes humaines massives. La situation financière très difficile la rende tributaire de l’aide américaine.

Women sewing

Du deuil au pacifisme

L’opinion publique française, traumatisée par les pertes effroyables et les blessés de retour du front, dont les célèbres « gueules cassées », devient très pacifiste et refuse toute idée de confrontations, en particulier avec l’Allemagne. Le 14 juillet 1919, lors du défilé de la Victoire sur les Champs Elysées à Paris, l’armée française est auréolée d’une gloire que ne lui conteste que la rancœur des vaincus. Pourtant, la France a été blessée comme jamais dans son histoire. La décision de placer la sépulture d’un soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe en 1920, symbolise toute la reconnaissance de la population française pour ses combattants surnommés, en France, les « poilus ». Depuis, la nation honore ses disparus le 11 novembre, dans les nombreux cimetières militaires et les monuments aux morts de chaque commune.