
Maawanji'idiwag Ogichidaag : Les guerriers unissent leurs forces
Les peuples des Premières Nations, des Métis et des Inuits pendant la Première Guerre mondiale
Ga-dibaajmotaagoo gaa-nji-bmaadzid ow ndedeminaan. Aapji go gii-minaadzi kina gegoo ezhichged. Nshke ow gaa-naadzid mii go gegii waa-nii-naadziyin. Nous vous raconterons le récit de la vie de notre père. Il était un exemple de bonté dans tout ce qu’il faisait. Voyez-vous, ce qu’il a incarné dans sa vie devrait être ce à quoi vous aspirez à être.
Identification, définitions et termes
Le terme « autochtone » est utilisé tout au long de ce document pour désigner les trois groupes représentatifs au Canada : les Premières Nations, les Inuits et les Métis. L’auteur a tenté d’utiliser des mots que les peuples autochtones utilisent pour s’identifier.
Au début de la Première Guerre mondiale, des hommes des Premières Nations et des Métis se sont enrôlés pour respecter les ententes des traités conclus entre la Couronne britannique et les nations autochtones. La façon dont les nations autochtones perçoivent cette relation varie, mais de nombreux bénévoles voient le service militaire comme une façon de respecter cette entente. Lorsqu’on repense aux réseaux familiaux mis en place pendant la traite de la fourrure, les relations réciproques ainsi créées n’étaient pas qu’une question d’échanges et de mercantilisme. Par l’entremise des mariages et des cérémonies formelles d’adoptions autochtones, les colons européens ont été accueillis dans les communautés comme des membres des familles autochtones. Étant donné ces relations familiales, les peuples autochtones se sont enrôlés parce que leurs familles et leurs frères allaient aussi à la guerre.
Certaines nations autochtones perçoivent les relations fondées sur les traités comme des liens familiaux; comme des Oshiimeyan, terme qui signifie « frère » ou « cousin ». En vertu des liens familiaux au sein de nombreuses communautés autochtones, tous les membres d’une famille sont perçus comme des membres de la famille immédiate, et les relations établies entre les cousins, les tantes et les oncles sont souvent aussi étroites que celles qui unissent les frères et sœurs et les parents. Il s’agit là d’une des nombreuses raisons pour lesquelles les peuples autochtones se sont portés volontaires pour faire partie de l’armée. Les Anishinaabe (Ojibwe) appelaient les soldats qui allaient à la guerre des Zhimaaganishag, mot qui provient du mot qui signifie « lance » (Zhimaagan), mais de nos jours, le mot fréquemment utilisé est Ogichidaa (le mot « gichi-de’e » se traduisant par « au grand cœur »).
Chez les communautés métisses, le terme aen soldaa est couramment utilisé par les individus qui parlent le michif pour décrire les anciens combattants et les soldats, et beaucoup utilisent des mots de la langue des Nêhiyaw (langue crie) pour décrire leur relation avec leurs compagnons d’armes. Certaines personnes qui parlent la langue des Nêhiyaw utilisent l’expression simâkanisihkâniwiw ᓯᒫᑲᓂᓯᐦᑳᓂᐃᐧᐤ (elle/il est un soldat; elle/il prend part à la guerre) ou simâkanisihkân ᓯᒫᑲᓂᓯᐦᑳᐣ (soldat; gendarme spécial; agent de sécurité). De nombreuses personnes qui parlent le cri feraient référence à leurs compagnons d’armes à l’aide du terme nitsan/nitsanak ᓂᐟᓴᐣ (membre de ma famille; lien de sang, frère ou sœur) en raison des liens qu’ils forgent pendant leur service militaire.
Au début de la guerre
Lorsque la guerre a été déclarée le 4 août 1914, un nombre extraordinaire de membres des peuples autochtones vivant au Canada se sont portés volontaires pour combattre au sein du Corps expéditionnaire canadien (CEC). Selon Affaires autochtones et du Nord Canada (aujourd’hui Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada), « plus de 4 000 Autochtones ont servi dans les Forces lors de ce conflit ». Ce nombre représente uniquement le nombre de personnes ayant le statut d’autochtones à servir au sein de l’armée, et non les personnes des peuples n’ayant pas ce statut et des peuples inuits et métis. En réalité, ce nombre pourrait être bien plus élevé.
Selon les estimations actuelles de Dempsey, 35 pour cent des hommes admissibles des Premières Nations se sont enrôlés, comparativement à une moyenne nationale de 30 pour cent. Sur le plan statistique, ce nombre est impressionnant, compte tenu du caractère isolé de nombreuses réserves et du nombre de personnes habitant sur des réserves à cette époque. Il signifie qu’environ quatre hommes sur 10 d’âge admissible se sont enrôlés. Voilà également pourquoi les communautés se sont battues aussi fort pour que leurs personnes enrôlées reviennent dans leurs communautés à la maison ou pour obtenir des exemptions au service militaire dans le cas de la conscription. L’alliance historique entre les Britanniques et les Six Nations, qui ont apporté leur soutien pendant la guerre de 1812 et la révolution américaine sont des exemples de ce combat. Talbot explique également que « pour les Premières Nations, la loyauté envers le Canada et la loyauté envers la Couronne n’étaient pas la même chose, étant donné que les traités et les alliances avec la Couronne donnaient droit à une certaine autonomie, même à un certain degré de souveraineté, pour leurs communautés ».
Une autre des raisons pour lesquelles ces nombres pourraient être plus élevés que ce qui a été publié est que des dispositions de la Loi sur les Indiens rendaient criminelle la présence hors réserve d’un autochtone sans l’autorisation de l’agent des Indiens (situation aussi connue sous le nom de « Système de laissez-passer ». De nombreux hommes autochtones qui se sont enrôlés n’ont pas mentionné leur origine ethnique par crainte d’être criminalisés ou de voir leur statut révoqué par l’agent des Indiens en vertu des règlements de la Loi sur les Indiens. Dans le cas des anciens combattants métis, bon nombre d’entre eux ont été en mesure de déclarer qu’ils faisaient partie des communautés francophones en raison de leur capacité à parler le français, ou suffisamment de français, et en raison de leur maîtrise de la langue michif.
Le recrutement d’hommes autochtones dans le CEC était initialement déconseillé. En vertu des politiques de la Marine canadienne, la Marine n’acceptait que les « hommes de descendance britannique et de race caucasienne », et de nombreuses exigences officielles des aviateurs canadiens empêchaient les hommes autochtones de faire partie des services militaires d’aviation. Malgré tout, de nombreux hommes autochtones se sont portés volontaires pour servir dans l’armée au début de la guerre. Bien que ces hommes autochtones aient initialement été exclus du service miliaire, la Loi du service militaire de 1917 ont fait de la conscription des hommes autochtones une réalité 1, à tout le moins pour le service militaire au pays.
Des unités entièrement autochtones
« En principe, le gouvernement n’a pas formé d’unités autochtones pendant le 20e siècle, écrit l’historien Whitney Lackenbauer. Par conséquent, il n’y eut aucune unité entièrement autochtone pendant les guerres mondiales. Néanmoins, plusieurs régiments comportaient de grands nombres de soldats autochtones.2 Il est important de noter que les peuples autochtones du Canada se divisent en de nombreuses nations distinctes, parmi lesquelles certaines entretiennent encore des rivalités de longue date. Cette particularité n’a pas empêché les divers peuples autochtones de s’enrôler dans les unités qui comportaient d’importantes concentrations de communautés de Premières Nations, d’Inuits et de Métis. Les unités qui comptaient un grand nombre de recrues autochtones étaient le 114e Bataillon (« Brock’s Rangers »), le 107e Bataillon (« Timber Wolf ») et diverses unités du Corps forestier.
Le Canada a tenté de créer une unité militaire entièrement autochtone en 1914, 3lorsque le Chef honorifique William Hamilton Merritt des Six Nations a offert de former le Bataillon des Six Nations à Brantford, en Ontario. L’offre a été modifiée en 1915 afin de mieux équiper les soldats des Six Nations et de former une unité propre aux Six Nations, mais elle a ensuite été rejetée par le conseil de la milice. De plus, le Conseil des Six Nations a initialement refusé l’offre de M. Merritt, puisqu’il considérait que les Six Nations étaient « en elles-mêmes une identité nationale distincte [et] le Conseil souhaitait voir une demande formelle de la Couronne qui reconnaissait ce statut, une demande que le gouvernement canadien ne souhaitait pas fournir. »4 Au final, de nombreux hommes des Six Nations de Brantford se sont enrôlés dans le 114e Bataillon, qui a été dissous pour renforcer d’autres unités après avoir été déplacé à l’étranger. C’est à partir de ce moment que certains soldats autochtones du 114e se sont retrouvés membres du 107e Bataillon.
Lorsqu’il a initialement été formé en décembre 1915 près de la région de Winnipeg, le 107e Bataillon a été créé pour inclure des soldats autochtones de partout au Canada, ainsi que des officiers non autochtones qui le commandaient.5 Il était dirigé par le Lieutenant-colonel Glen Campbell, qui était aussi un ancien combattant de la rébellion du nord-ouest de 1885. Les estimations récentes indiquent que parmi les 900 hommes formant l’unité, plus de 500 étaient de descendance autochtone. On détermina par la suite qu’il n’y avait pas assez de soldats autochtones pour répondre aux exigences en matière de grades, et des soldats non autochtones ont été ajoutés au bataillon pour répondre à ce besoin. Contrairement au 114e Bataillon, le 107e a combattu outre-mer et n’a pas été dissous ou redistribué après que les troupes sont arrivées en Angleterre. Cependant, il a été transformé en bataillon de pionniers6; et dans le cadre de ce rôle, il a participé à de nombreux fronts en Belgique et en France, ainsi qu’à la Bataille de la côte 70 près de Lens.
Il est important de noter la conversion du bataillon en bataillon de pionniers7; ces unités d’infanterie sont responsables du génie de combat, habituellement utilisé pour démanteler des obstacles et préparer les défenses. Compte tenu de sa capacité à pouvoir à la fois les rôles d’ingénieurs et de fantassins, le 107e a été particulièrement utile contre les forces cantonnées à la côte 70. Sous le commandement du Général Arthur Currie, le dernier commandant des Corps canadiens, le 107e Bataillon a appuyé la 3e Brigade d’infanterie de la 1re Division lors de l’attaque.

Au front intérieur
Bien que de nombreux hommes autochtones se soient portés volontaires à la fois pour le service militaire intérieur et le service militaire à l’étranger, ceux qui sont restés au pays ont fait des contributions exemplaires à l’effort de guerre. Les communautés ont uni leurs efforts pour fournir des articles pour les colis de réconfort, comme des bas, des foulards, des mitaines et des sous-vêtements faits à la main. Bien des femmes autochtones ont assumé des rôles habituellement réservés aux hommes dans la main-d’œuvre, et les femmes autochtones n’y ont pas fait exception. Elles ont commencé à assumer des fonctions essentielles dans les usines qui fabriquaient des articles destinés à l’effort de guerre, comme des munitions, afin que les hommes qui occupaient ces postes puissent s’enrôler. Compte tenu du fait que les rôles traditionnels des sexes au sein de certaines communautés autochtones sont plus fluides que binaires, les femmes autochtones ont pu facilement trouver leur voie dans ces circonstances et ont profité d’un avantage financier qui a aidé leurs familles et leurs communautés locales.
Selon Talbot, certaines communautés ont contribué de façon considérable aux obligations de la Victoire et à d’autres fonds patriotiques. Au total, les communautés autochtones ont remis 44 545,46 $ à ces fonds, et certaines communautés de traité ont choisi de renoncer à leur rente de 5 $ et à la remettre à l’effort de guerre. Selon le ministère des Affaires indiennes, en mars 1915, 32 communautés autochtones avaient fait des dons à l’effort de guerre.
Toutefois, de nombreuses communautés étaient réticentes à contribuer à l’effort de guerre, que ce soit en y fournissant des hommes ou en y remettant de l’argent. Cette situation s’explique par de nombreux facteurs faciles à comprendre lorsqu’on se penche sur d’autres perspectives. Les enjeux de souveraineté autochtone, les obligations liées aux Traités et l’utilisation des terres (dans un contexte où le ministère de la Défense nationale faisait appel à des mesures bureaucratiques pour retirer des terres des Réserves à des fins militaires) étaient certaines des raisons pour lesquelles les communautés autochtones s’opposaient à une bonne partie du discours colonial qui prévalait pendant la Grande Guerre. En outre, de nombreuses institutions utilisaient les dons des communautés autochtones pour faire de la propagande auprès des Canadiens non autochtones afin de promouvoir d’autres politiques d’assimilation. Comme les Indiens étaient des « pupilles de l’État » qui, de ce fait, étaient incapables de prendre leurs propres décisions financières, ces dons ont été perçus comme une marque de « civilisation ». Cette situation a plus tard été utilisée pour révoquer le statut d’indien, à la discrétion de l’agent des Indiens.
Conscription
En 1917, la Loi du service militaire a introduit la conscription pour tous les hommes admissibles et l’a initialement appliquée aux hommes autochtones. Or, en juillet 1918, un décret en conseil a été adopté pour exempter les Indiens inscrits du service militaire. Le ministère de la Défense nationale indique que ce décret rendait le service militaire obligatoire au Canada, alors que l’enrôlement pour le service militaire à l’étranger était volontaire, puisque « les Indiens inscrits pouvaient tout de même être appelés à jouer un rôle de non-combattant au Canada, mais ce décret faisait en sorte qu’il était plus facile de demander à être dispensés de service afin de travailler dans le secteur industriel ou agricole. »8
Après la fin de la guerre
Lors de leur retour au Canada, les soldats autochtones qui s’étaient battus aux côtés de leurs camarades canadiens ont été soumis à des mesures répressives contenues dans la Loi sur les Indiens. La Loi interdisait aux autochtones de pratiquer des cérémonies traditionnelles, de parler leurs langues traditionnelles (malgré leur utilisation ultérieure pendant la Deuxième Guerre mondiale) et d’utiliser leurs systèmes de gouvernance traditionnels :
À la fin de la guerre, bon nombre de ceux qui avaient aidé à diriger ces cérémonies devenues illégales n’étaient plus aptes ni disposés à le faire. Les rituels qui aidaient les combattants de retour au pays à réintégrer leurs communautés auraient été bénéfiques pour Francis [Pegahmagabow] et d’autres soldats autochtones. La cérémonie du calumet, de la suerie ou de la tente tremblante ou l’entrée dans l’un des gîtes de guérison avaient toutes permis à l’âme, au corps ou à l’esprit d’un combattant blessé de guérir ou de se rétablir. Toutefois, au moment où Francis a pu rentrer à la baie Georgienne, tous ces rites semblaient avoir été éteints, tus ou occultés.9
Une autre préoccupation importante des Canadiens autochtones, même les anciens combattants, était qu’ils ne pouvaient pas quitter la réserve sans l’autorisation de l’agent des Indiens. En raison de dispositions de la Loi sur les Indiens, de nombreux soldats autochtones ont perdu leur statut en raison d’articles portant sur la durée pendant laquelle un Indien pouvait s’absenter de sa réserve, mais aussi des vastes pouvoirs discrétionnaires des agents des Indiens, ce qui faisait en sorte que « les communautés autochtones étaient doublement touchées à titre de pupilles de l’État du Canada confinés aux réserves et soumis à la bureaucratie du ministère des Affaires indiennes. »10 Certains soldats autochtones se sont aussi vu refuser des prestations auxquelles ils avaient droit en vertu de la Loi sur les allocations aux anciens combattants, et les administrateurs de la Loi d’établissement de soldats ont refusé certaines revendications territoriales qui ont ensuite été offertes à des anciens combattants non autochtones.
Malgré ces mesures, quelques soldats autochtones de retour au pays après avoir combattu au front ont assumé des rôles de leadership au sein de leurs communautés, afin de mieux défendre les droits de leurs peuples. Tel a été le cas d’Onondeyoh (Fred Ogilvie Loft) des Six Nations. Il avait mis sur pied la League of Indians of Canada — un groupe qui défendait les droits des peuples autochtones et revendiquait le retrait des pensionnats indiens — et a participé au processus de création de la Fraternité nationale des Indiens (plus tard appelée l’Assemblée des Premières Nations). Le SMC (Sergent-major de compagnie) Francis Pegahmagabow a travaillé sans relâche pour les gens de sa communauté après être libéré de l’armée; il a défendu les droits des peuples autochtones sur la réserve et hors de celle-ci.
De nombreux anciens combattants des Premières Nations, des Inuits et des Métis étaient d’avis que leurs efforts pendant le service militaire au sein du CEC étaient équivalents à celui des personnes enrôlées non autochtones. Ils se sont battus pour la terre, leur relation avec elle et les gens qui y habitent. Tous nos Ogichidaa/OhichidaKwe, nos Nisanak, parlent de leur service militaire comme une période où ils ont tissé des liens durables, et bon nombre d’entre eux se sont tournés vers la littérature et la poésie pour s’exprimer alors qu’une grande partie de leurs méthodes de communication étaient illégales. La Chef R. Stacey Laforme, de la Première Nation des Mississaugas de Credit des Anishinaabe, a écrit le poème « J’aime cette terre » après avoir entendu les commentaires d’un ancien combattant autochtone lors d’une conférence.
J’aime cette terre
Tu étais mon frère et à jamais tu le resteras. Sous le drapeau de ce pays, nous étions tous de la même couleur Nos deux sangs ont coulé avec la même abondance, et mêlés dans la terre des champs l’un ne pouvait être distingué de l’autre Pourtant, lorsque nous sommes revenus chez nous, lorsque les couleurs de notre pays n’ont plus recouvert notre peau La différence s’est révélée, non pas entre toi et moi, si Dieu le veut, jamais entre toi et moi, Mais aux yeux de tous ceux pour qui nous avions sacrifié notre vie. Bien sûr, nous avons continué de marcher épaule contre épaule dans les défilés mais pour le gouvernement, ta vie était plus précieuse que la mienne On t’a donc donné des terres, tandis que j’attendais et attendais encore, je sais que ce que l’on t’a donné était loin de valoir les souffrances que nous avions endurées C’était pourtant bien plus que ce que l’on m’avait accordé Je ne t’envie pas, mon frère, je crois que tu mérites bien plus que ce que tu as reçu Mais cette différence m’a profondément blessé, je n’ai pas honte d’admettre que j’ai pleuré, et pourquoi ne l’aurais-je pas fait J’ai saigné, perdu la vie, ôté la vie, pourquoi mon pays m’estime-t-il indigne Jamais l’ennemi que j’ai combattu n’aurait pu se montrer aussi cruel que les personnes vers les bras desquelles je suis revenu J’ai tant donné, tant vécu et puis toi toi pour qui j’aurais tout sacrifié, tu m’as mis à l’écart comme si j’étais sans importance. Je me sens tel un homme foulé aux pieds par celui qu’il honorait Suis-je heureux de devoir vous réclamer ce qui aurait dû m’être donné voilà bien longtemps? non J’ai même, en réalité, un peu honte de demander justice de la sorte Car je ne suis pas allé me battre pour l’argent, la gloire, les récompenses, mais parce que c’était juste et que Dieu me pardonne, j’irais encore Il ne s’agit peut-être à vos yeux que d’une vieille blessure mais c’est une blessure qui ne guérit jamais Parce qu’elle touche le cœur et l’âme de mon peuple c’est une insulte à notre fierté Et nous méritons tellement mieux surtout de votre part.
Ozhaawaashkwa Benisii Ikwe nindizhinikaaz.
Mikinaak nindoodem.
Wiinibiigong Manidooba-akiing nindoonjibaa.
Wiinibiigong nindaa.
Shauna Mulligan
Blue Shadow Thunderbird Woman
Clan Turtle
Winnipeg, Manitoba
Cpl (à la retraite)
17e Compagnie médicale (Winnipeg) et Queen’s Own Cameron Highlanders of Canada
Bibliographie
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