Malte et la Première Guerre mondiale

Le rôle de Malte pendant la Première Guerre mondiale tend à être éclipsé par le rôle beaucoup plus important de cette nation pendant la Seconde Guerre mondiale. Bien que Malte n’ait pas fourni de forces combattantes nationales pendant la Première Guerre mondiale, l’île a tout de même joué un rôle concret en tant qu’importante base méditerranéenne pour les hôpitaux. De nombreux Maltais ont en effet quitté l’île pour servir dans les forces coloniales britanniques ou comme membres du Corps de travailleurs de Malte.

Avant la guerre

En 1914, Malte était une colonie de la Couronne britannique. Avant la guerre, le chômage à Malte était une préoccupation constante pour l’administration de l’île, qui n’avait pas de base industrielle et dont l’activité commerciale était limitée. Dans les années d’avant-guerre, un nombre important de Maltais et Maltaises sont partis s’installer à l’étranger de façon définitive. En 1914, la population maltaise s’élevait à 219 300 âmes.

L’arsenal maritime de Sa Majesté de Grand Harbour

Au début de la Première Guerre mondiale, Sir Winston Churchill a invité la marine française à utiliser Malte comme port français. Il a été décidé que la France, sous l’autorité de son commandant en chef, aurait autorité sur les flottes maltaise et française. Les unités navales françaises ont commencé à arriver à Malte le 12 août 1914. Les deux flottes se sont dirigées vers les Dardanelles pour empêcher les navires de guerre allemands SMS Goeben et SMS Breslau de pénétrer en Méditerranée.

Pendant la guerre, un certain nombre de navires de guerre français sont entrés dans l’arsenal de Malte pour y être réparés. En 1915, des problèmes sont apparus lors de la réparation de navires français : l’arsenal maltais utilisait des tours et d’autres machines calibrées en mesures impériales britanniques, alors que l’équipement français était en mesures métriques. L’ingéniosité des travailleurs maltais de l’arsenal de Sa Majesté est incarnée par Salvu Mallia, un ajusteur de moteurs de Vittoriosa, qui a mis au point une formule permettant d’adapter les tours et les autres machines aux mesures françaises.

L’activité des sous-marins ennemis utilisant des torpilles et des mines dans les eaux entourant Malte a entraîné la perte de plusieurs navires de guerre et de commerce. Peu avant l’aube du 27 avril 1916, le cuirassé HMS Russell a heurté une mine à 5 h 52, alors qu’il s’approchait de Grand Harbour. En l’espace de vingt-cinq minutes, le navire a basculé sur son flanc tribord et a coulé. Bien que 625 marins britanniques aient été sauvés, 124 sont morts. Parmi les morts se trouvait A. Costa, un maître valet maltais servant à bord. Le lendemain, le champ de mines posé par le sous-marin allemand U-73 a fauché le HMS Nasturtium lorsque, à 21 h 58, le navire a dérivé sur la ligne de mines, entraînant une explosion qui a provoqué le naufrage du navire et la perte de sept vies.

Bien que l’emploi dans les chantiers navals et les ateliers militaires ne manquait pas, au total, environ 1 200 Maltais se sont portés volontaires pour rejoindre le Corps de travailleurs. Les hommes étaient payés 2 shillings et 6 pence par jour en tant qu’arrimeurs et 4 shillings par jour en tant que racoleurs. En février 1917, le nombre de Maltais servant dans l’armée était important compte tenu de la taille de la petite île. Cinq officiers et quarante-deux hommes de l’Artillerie royale de Malte, ainsi que plusieurs officiers de la milice, avaient servi avec les 1 108 troupes maltaises à Gallipoli et les 1 300 troupes maltaises à Salonique.

Le personnel naval maltais a servi sur des navires de guerre de la Marine royale, notamment à bord du HMS Aboukir, du HMS Arethusa, du HMS Defence, du HMS Hermione, du HMS Indefatigable, du HMS Inflexible, du HMS Liverpool et du HMS Vanguard. Les Maltais ont également servi dans des régiments de l’armée britannique comme le Cheshire Regiment, l’Essex Regiment, le 10th Highland Light Infantry, le Loyal North Lancashire, le South Staffordshire Regiment, le 6th Yorkshire Regiment et d’autres encore. Ces soldats ont servi en France, à Salonique, à Gallipoli et dans d’autres théâtres de guerre. Des Maltais ont également été aumôniers militaires au sein du Royal Aircraft Service et du Royal Flying Corps. Des volontaires ont également servi dans des régiments des dominions britanniques, comme le contingent canadien en France, qui comprenait le 8e Régiment canadien, les Canadian Grenadier Guards et les Winnipeg Rifles, ainsi que dans les armées de la France, de l’Italie, de la Russie et des États-Unis.

Hospital beds in church

Hôpitaux à Malte

Au début de la guerre, Malte comptait seulement quatre hôpitaux : Cottonera avec 167 lits, Mtarfa avec 50, Forrest (St. Julian’s) avec 20 et La Valette avec 26 – soit un total de 268 lits. Prévoyant de lourdes pertes pendant la campagne de Gallipoli, le gouverneur de Malte, Lord Methuen, a ordonné la sélection de bâtiments adaptés aux soins médicaux afin d’augmenter le nombre d’hôpitaux de Malte. Un plan a été élaboré pour 2 000 lits, plus 500 lits supplémentaires pour les patients convalescents à Fort Chambray, à Gozo. En juin 1915, Malte comptait quatorze hôpitaux, dotés de 117 médecins militaires, 300 infirmières et 750 membres de personnel médical. En juillet, le nombre de lits était passé à 13 093.

En janvier 1916, lorsque la péninsule de Gallipoli a été évacuée, 20 000 lits étaient disponibles dans 28 hôpitaux et centres de convalescence répartis sur l’ensemble de l’île, y compris les palais du gouverneur à Verdala et San Anton. Pour faire face à l’afflux de blessés, le Royal Army Medical Corps (RAMC) comptait, en janvier 1916, 334 médecins militaires, 913 infirmières et 2 032 membres de personnel. Les malades et les blessés arrivent à Malte au rythme de 2 000 par semaine. Entre le 2 et le 9 décembre 1915, 6 341 patients sont arrivés. Le nombre de malades et de blessés de Gallipoli soignés à Malte entre mai 1915 et février 1919 s’élevait à 57 991. Plus tard, 78 130 autres patients sont arrivés de Salonique.

Prisonniers de guerre (PG)

Malte était également une base pour les prisonniers militaires, mais son premier groupe de prisonniers ne fut pas issu des forces armées ennemies, mais plutôt des internés civils ennemis. Les premiers militaires allemands à être détenus dans les prisons maltaises étaient l’équipage du croiseur allemand Emden. Au milieu de l’année 1916, le nombre de PG s’élevait à 1 670. Chaque détenu recevait un numéro d’identification. Le numéro d’identification le plus élevé figure sur une lettre datée du 19 août 1918 que le Dr L. Bruhl avait écrite et envoyée à sa mère, à Berlin. Le numéro de prisonniers du Dr L. Bruhl était le 2 340.

Avec le recul, le PG allemand le plus notoire de Malte était peut-être Karl Doenitz, qui allait devenir commandant en chef de la marine allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale. En 1910, Karl Doenitz s’était engagé dans la Kaiserliche Marine (Marine impériale allemande). Après le début de la Première Guerre mondiale, il a servi sur le croiseur léger SMS Breslau en Méditerranée. Le 5 septembre 1918, il est devenu le commandant du U-boot UB-68. Son sous-marin a été coulé le 4 octobre 1918 par des tirs des forces britanniques au large de Gozo, entraînant la mort d’un sous-marinier. Les trente survivants, dont Karl Dönitz, ont été capturés et internés à Malte.

Karl Doenitz a toujours été réticent à l’idée d’écrire sur son expérience de PG à Malte. On ne peut cependant pas en dire autant d’un autre illustre prisonnier allemand du camp du casernement maltais de Verdala. François-Joseph, prince de Hohenzollern, a laissé un long mémoire détaillé et parfois amer de son long séjour en prison. Le prince de Hohenzollern servait comme officier de marine à bord du SMS Emden, sous le commandement du capitaine Karl von Müller, lorsque celui-ci fut coulé en novembre 1914.

En 1918, des officiers et des hommes du SMS Breslau, ainsi que des combattants d’Afrique de l’Est, sont arrivés à titre de prisonniers. Ils ont été accueillis dans un camp spécial situé près du casernement de Polverista. Les 133 survivants du SMS Breslau, dont certains étaient dans un état grave, se sont retrouvés dans les casernements de Verdala et les camps de St. Clement.

Après l’armistice du 11 novembre 1918, les autorités n’ont pas libéré les PG, invoquant l’incertitude des longues négociations de paix à Paris. En novembre 1919, un an après l’armistice, certains PG ont enfin reçu l’autorisation d’embarquer pour l’Allemagne, mais à leurs frais, alors que les autorités avaient promis un bateau pour les autres.

Soldiers and civilians

Malte : Patrouilles aériennes en Méditerranée

Limiter le mouvement des sous-marins ennemis dans les eaux entourant Malte était une priorité des Britanniques pour protéger les navires alliés en Méditerranée. L’amirauté britannique estimait que les hydravions, ou bateaux volants, seraient plus efficaces pour patrouiller dans la région. Pour limiter l’activité des U-boots, l’Amirauté a décidé d’établir une base d’hydravions à Malte. En mai 1916, des hangars et des cales avaient été construits; en juillet 1916, la base était opérationnelle et les premiers petits hydravions américains Curtiss H-4 arrivaient.

En mars 1917, pour compenser les pertes subies l’année précédente, trois Short 184 britanniques sont arrivés à Kalafrana, le centre opérationnel de Malte pour les hydravions. Les H-4 avaient alors déjà prouvé la valeur de l’avion en tant que chasseur de sous-marins. Entre-temps, le 27 juin 1917, deux FBA italiens biplaces sont arrivés en renfort. Les avions de Kalafrana ont été divisés en deux unités en août 1918. La première, le 268e Escadron, comprenait deux escadrilles, la 433e et la 434e, qui opéraient des Short Type 184. Les hydravions ont ainsi été séparés des autres avions et affectés à une seule unité.

Les opérations aériennes à partir de la baie de Malte étaient souvent limitées par les tempêtes. Ainsi, l’ennemi pouvait souvent se déplacer à sa guise dans les eaux territoriales de Malte. En réponse, les Britanniques ont envoyé deux DeHavilland D.H. 9A sur l’île afin de soutenir les hydravions en cas d’urgence. Au cas où ils devraient relever les patrouilles d’hydravions, les DeHavilland D.H. 9A ont été équipés d’ailes plus grandes et d’un dispositif de flottaison PV afin d’être mieux adaptés au vol au-dessus de la mer.

En l’absence de terrain d’aviation pour les aéronefs basés à terre, le ministère de l’Aviation britannique a fait transformer une partie du terrain de sport de Marsa en terrain d’aviation improvisé. Le personnel de la nouvelle base aérienne, désignée sous le nom de 562e Escadrille anti-sous-marin de Malte, a été transféré de Kalafrana. À la fin du mois d’août 1918, 280 membres du personnel et 20 officiers occupaient les hangars de vol du pavillon du terrain de sport de Marsa, que la Royal Air Force utilisait également à des fins administratives. D’autres aéronefs basés à terre, des chasseurs Sopwith Camel 2F1 N6830, N6804 et N6805, ont été expédiés à Malte le 30 mai 1918, tandis que des Sopwith Ship Camel N6806, N6807 et N6808 sont arrivés à bord du HMS Manxman le 12 juin 1918.

En avril 1917, le commodore Murray F. Sueter a été chargé d’organiser les actions des avions britanniques à partir de Malte. Les navires en mer comptaient sur le meilleur type d’avion pour les protéger, ce que le commodore n’avait pas, car on n’avait pas encore trouvé de meilleurs substituts aux Curtiss H4. Mais plus tôt la même année, le commandant d’escadron J.C. Porte du Royal Navy Air Service (RNAS) avait aidé l’Américain Glenn Curtiss à construire le Curtiss H12. Il s’agit d’une version plus grande du Curtiss H4, qui, avant le début de la Première Guerre mondiale, avait tenté une traversée transatlantique. À partir du Curtiss H12, il a développé le Felixstowe F.2A. Informé de cette évolution, le commodore Sueter, l’un des fondateurs du RNAS, proposa de prendre des dispositions pour construire un certain nombre de ces avions à Malte.

L’Amirauté donna son approbation en juin et la construction des douze premiers hydravions de patrouille biplan à hélices tractives Felixstowe F.3 a immédiatement commencé. L’unité de construction de l’arsenal de Malte était sous le contrat no AS 14835 (BR86). Les avions furent numérotés de N4310 à N4321. À l’approche de Noël 1918, les derniers avions de la deuxième et dernière commande de 28 Felixstowe F.3 (N4360 à N4388) étaient presque achevés, portant le nombre total d’avions Felixstowe construits à Malte à vingt-trois.

Bread wagon

Grand Harbour et l’arsenal maritime de Sa Majesté

Pendant la Première Guerre mondiale, l’industrie maltaise ne faisait qu’une avec son arsenal maritime, qui était basé dans les criques entourant les trois villes de Cottonera : Vittoriosa, Cospicua et Sengles. L’arsenal maritime employait des milliers de travailleurs maltais qualifiés et non qualifiés. La présence des marines britannique, française, japonaise et italienne en Méditerranée a fortement sollicité l’arsenal maritime de Sa Majesté, où le travail se poursuivait jour et nuit et où le chômage était inexistant.

Grand Harbour et ses environs connaissaient une activité continue, car des navires de guerre de différentes marines venaient à Malte pour y être réparés, entretenus, ravitaillés en charbon et réapprovisionnés. Grand Harbour et l’arsenal maritime emploient plus de 13 500 personnes, auxquelles s’ajoutaient environ 3 000 autres travailleurs impliqués dans la manutention portuaire et les services auxiliaires. Ce pôle d’activité a entraîné une augmentation du commerce, tout particulièrement dans les régions de Cottonera, de Valletta et de Floriana.

Plus de 15 900 travailleurs maltais travaillaient pour la Royal Navy et d’autres établissements navals. Près de 2 400 personnes travaillaient dans le charbonnage, près de 1 300 dans les services maritimes, 200 dans le dragage des mines et 500 dans des groupes de travail de bases éloignées de Malte. La Royal Air Force employait 778 Maltais et Maltaises. En tout, 31 739 hommes et femmes se sont portés volontaires pour servir le gouvernement à Malte et outre-mer. Les dangers posés par les sous-marins ennemis pendant la guerre n’ont pas empêché 630 autres Maltais de s’engager dans la marine marchande.

En mars 1917, comme la situation se détériorait, la Grande-Bretagne demande à ses alliés de l’aider sur le théâtre méditerranéen. Le Japon a accepté la demande de la Grande-Bretagne et a envoyé une force navale en Méditerranée. La force était collectivement connue sous le nom de dixième et onzième flottilles de contre-torpilleurs et était sous le commandement de l’amiral Sato Kozo depuis le croiseur Akashi, qui était accompagné de huit contre-torpilleurs. À son apogée, la flotte japonaise envoyée à Malte comptait dix-sept navires de guerre. La Grande-Bretagne ne rejetait alors plus la valeur de l’assistance navale japonaise.

En 1918, lorsque l’Allemagne a lancé son offensive de printemps sur le front occidental, les Britanniques avaient désespérément besoin de déplacer d’importants contingents de troupes du Moyen-Orient vers le port français de Marseille. Les unités japonaises se sont révélées inestimables. Ils ont escorté 788 navires alliés transportant 700 000 soldats à travers la Méditerranée afin qu’ils puissent se joindre aux combats du front européen. Les navires de guerre japonais ont affronté les U-boots des puissances centrales trente-cinq fois, affrontements qui ont endommagé le Matsu et le malheureux Sakaki, deux contre-torpilleurs de la classe Kaba.

Les femmes de Malte

Les Maltaises ont également contribué à l’effort de guerre. Pour remonter le moral des différentes forces alliées stationnées à Malte, les femmes de l’île-nation ont organisé des salons de thé pour le personnel militaire se trouvant à Sliema et à La Valette, des divertissements dans les hôpitaux militaires et des excursions en voiture et en chaloupe à moteur pour les patients. Des ateliers de couture ont permis d’augmenter les ressources limitées des hôpitaux en fournissant des pyjamas, des chemises et des chaussettes aux blessés. Plusieurs Maltaises ont également rejoint le détachement d’aide volontaire (D.A.V.). Mary Muscat et Violet Briffa ont été citées dans Despatches pour le singulier dévouement dont elles ont fait preuve dans les hôpitaux de Mtarfa et de Cottonera. La Marchesa Corinna Scicluna a mis à disposition sa résidence, la Villa Dragonara, qui est devenue une maison de convalescence pour vingt officiers. Elle a aussi fait don de 100 livres sterling chaque mois pour entretenir l’endroit. Corinna Scicluna incarnait la générosité des Maltais et des Maltaises, et son nom figure en bonne place sur la longue liste des volontaires de Malte, qui comprend également Mme Bonavia, MBE, et Mme Mifsud, MBE. Les Maltaises ont joué un rôle important en préparant des bandages à domicile pour les hôpitaux. Ce travail apportait également un revenu supplémentaire à leur ménage.

Complications pour la santé publique pendant la guerre

Pendant la guerre, des précautions strictes ont été prises afin d’éviter la transmission de maladies des soldats à la population civile, et vice versa. Cela était particulièrement important lorsque les hôpitaux étaient remplis de cas de dysenterie et de maladies entériques. Quelques cas de peste sont tout de même apparus en 1917, la maladie ayant été transportée ou non d’autres pays par des soldats invalidés à Malte. La peste a heureusement été contenue et n’a fait que trois morts. Une épidémie de choléra a causé 100 décès supplémentaires en 1917, tandis que l’incidence des maladies vénériennes a également augmenté considérablement.

Dans les derniers mois de la guerre, la santé de la population a été menacée lorsque l’épidémie de grippe de 1918 a atteint les côtes de Malte. Le nombre de cas a rapidement atteint 4 651 à Malte et 1 203 à Gozo. En juin 1918, on comptait 696 cas parmi les militaires, dont 406 étaient des patients qui avaient été transférés à Malte depuis les hôpitaux de Salonique. Les mois suivants ont vu naître 3 496 cas supplémentaires et soixante-six personnes sont décédées. Parmi les 2 340 prisonniers de guerre, 551 cas se sont déclarés et quinze personnes sont décédées. Entre le mois de septembre et de novembre 1918, 12 000 cas se sont déclarés dans la population civile de Malte et 630 personnes sont décédées.

Les années d’après-guerre

La fin de la guerre a entraîné une hausse des prix des produits de base, tout particulièrement du pain, ainsi qu’une pénurie alimentaire qui a donné lieu à des émeutes le 7 juin 1919. Quatre Maltais ont été tués lorsque les troupes britanniques ont ouvert le feu sur la foule. Cela a poussé les autorités coloniales britanniques à établir le premier gouvernement autonome de Malte en 1921, y compris des élections générales et le premier parlement de Malte, l’Assemblée législative. Dans les années d’après-guerre, suite aux licenciements massifs de la part de l’arsenal maritime de Sa Majesté et de la Royal Navy et à la contraction de l’économie, la première grande émigration organisée vers des régions éloignées de l’Empire britannique est survenue, les gens partant vers des pays comme l’Australie et le Canada.

Charles Debono, Conservateur National War Museum – Heritage Malta