Le Monténégro à la guerre

Le 6 aout 1914, lorsque le Monténégro déclare la guerre à l’Empire austro-hongrois, le roi Nikola Petrović-Njegoš annonce à son people et à son armée : « Vous n’avez pas encore eu le temps de sécher le sang de vos mains courageuses que votre roi doit vous appeler à reprendre les armes une troisième fois en moins de deux ans. » Ses paroles décrivent le mieux l’état de l’armée monténégrine : épuisée, sans avoir pu « sécher le sang de [ses] mains courageuses », sang accumulé lors des première et deuxième Guerres balkaniques. L’armée devait désormais entrer une troisième fois en guerre, et contre un empire que les Monténégrins considéraient comme une superpuissance. Le roi Nikola ordonne la mobilisation de l’armée le 28 juillet et sa proclamation est publiée neuf jours plus tard lors de l’entrée officielle de son pays dans la Première Guerre mondiale.

L’organisation de l’armée monténégrine

En aout 1914, l’armée monténégrine compte 35 000 soldats. Le commandement et la distribution de ses troupes se déclinent ainsi:

1. Le roi Nikola est commandant suprême, et son quartier général se trouve à Cetinje, la capitale historique du Monténégro. Le général Janko Vukotić est chef d’état-major. Cependant, des officiers serbes sont rapidement affectés à Cetinje, puisque la guerre contre les Austro-Hongrois exige une coordination avec le Royaume de Serbie. Le général serbe Božidar Janković remplace Janko Vukotić comme chef d’état-major.

2. La division de Pljevlja, qui compte 6 000 soldats, est dirigée par le brigadier Luka Gojnić. Il a pour tâche de prévenir la séparation des armées monténégrine et serbe dans la région de Pljevlja. Il devient vite évident que la division Pljevlja n’a pas la force de s’opposer aux troupes austro-hongroises. Le 25 aout 1914, des renforts venus de trois autres détachements monténégrins la transforment en l’armée de Sandžak. Le général Janko Vukotić en prend les commandes.

3. Le détachement d’Herzégovine, avec ses 15 000 soldats et initialement sous le commandement du général Janko Vukotić, a pour tâche de défendre les routes menant à la baie de Kotor et de l’Herzégovine en direction de Nikšić. L’officier divisionnaire Mitar Martinović en prend les commandes lorsque Vukotić prend celles de l’armée de Sandžak.

4. Le détachement du Lovćen, avec ses 8 000 soldats initialement dirigés par Mitar Martinović, est chargé de protéger Cetinje et la côte monténégrine des attaques de la baie de Kotor. Le prince Petar Petrović-Njegoš en prend les rênes lorsque Mitar Martinović prend celles du détachement d’Herzégovine.

5. Le détachement de la Vieille Serbie, fort de 6 000 soldats et sous le commandement du brigadier Radomir Vešović, doit défendre la frontière avec la principauté d’Albanie.

Les troupes monténégrines appuient l’armée serbe d’Užice

Le théâtre du conflit entre le Monténégro et l’Empire austro-hongrois occupe quelque 380 kilomètres à travers le sud-est de la Bosnie, l’Herzégovine, la baie de Kotor et le Monténégro. Le front défensif tenu par les unités monténégrines fait 500 kilomètres de long. Au début de la guerre, l’Entente, et notamment la Russie, a pour position de laisser l’armée du Monténégro coordonner les opérations avec le commandement militaire serbe, ce qui cause des changements dans le plan stratégique du Monténégro et le déploiement de ses troupes. Le plan initial du Monténégro prévoit que la majeure partie de son armée soit affectée aux fronts de Lovćen et d’Herzégovine. Elle est désormais redéployée à Sandžak pour répondre aux objectifs militaires de la Serbie. Le 21 aout 1914, le général serbe Božidar Janković prend le commandement suprême de l’armée du Monténégro. Celle-ci est toujours officiellement commandée par le roi Nikola, mais ce sont en fait des généraux serbes qui la dirigent. Ainsi, les deux tiers des troupes du Monténégro se concentrent dans la région de Pljevlja, afin de soutenir l’armée serbe d’Užice.

Two officers by tent

Le détachement du Lovćen

Entre les 6 et 15 aout 1914, après la déclaration de guerre, l’Autriche-Hongrie retire ses troupes de l’étroite bande côtière de Prčja Glava à Spic, étant incapable d’en assurer la défense. Le détachement monténégrin de Lovćen occupe alors Grbalj, Budva et Paštrovići. Le 16 aout, la flotte française coule le croiseur austro-hongrois SMS Zenta, alors que trois autres navires de guerre arrivent à s’enfuir. Les Austro-Hongrois se replient sur la baie de Kotor, où ils ont bâti un système de fortifications. À ce moment, un détachement de 196 soldats français est arrivé à Cetinje, avec plusieurs canons et mitrailleuses. L’artillerie française est déplacée vers Lovćen, où elle commence à bombarder les forteresses et la flotte austro-hongroises. Le plan est de conquérir la baie de Kotor, qui représente la première ligne de défense austro-hongroise sur la côte dalmate. Pendant des mois, un farouche duel d’artillerie oppose les canons austro-hongrois et franco-monténégrins. À la fin de novembre 1914, lors des premières neiges sur le mont Lovćen, les troupes franco-monténégrines n’ont toujours pas connu de véritables succès et l’objectif de conquérir la baie de Kotor est abandonné. Le dernier soldat français quitte Lovćen le 23 novembre. Les positions militaires dans cette section du front restent inchangées jusqu’en janvier 1916.

Le détachement d’Herzégovine

Dans les premiers jours de la guerre, le détachement d’Herzégovine connait des succès militaires dans les environs de Trebinje, Bileća et Gacko. Il empêche l’avancée des troupes austro-hongroises et, à la fin aout 1914, a déjà facilité le regroupement des forces monténégrines et la création de l’armée de Sandžak. L’Autriche-Hongrie attaque une nouvelle fois à la fin aout, et les combats durent jusqu’au 6 septembre, se soldant par l’échec de l’attaque. En octobre, le détachement d’Herzégovine est en activité près de Gacko et Bileća, tentant de conquérir ces zones, sans succès. Une contre-attaque austro-hongroise suit jusqu’à la mi-novembre, elle aussi sans succès. Sur cette partie du front, les hostilités sont mises sur pause jusqu’en juillet 1915, hormis les activités de reconnaissance. Les troupes austro-hongroises essaient encore une fois, toujours sans succès, de briser les défenses monténégrines et de pénétrer jusqu’à Grahovo. Une autre accalmie se produit jusqu’en octobre 1915, au moment où débute une nouvelle offensive austro-hongroise et allemande.

La division de Pljevlja

Le 15 aout 1914, les forces austro-hongroises de Goražde et Foća attaquent la division monténégrine de Pljevlja. L’avantage austro-hongrois quant aux hommes et aux armes (5 à 1 pour ce qui est des troupes, 16 à 1 pour ce qui est de l’artillerie) met la division de Pljevlja sur la défensive et l’oblige ensuite à se replier. Le 19 aout, les troupes austro-hongroises ont réussi à entrer à Pljevlja, la métropole de cette région du Monténégro. Leur avancée est cependant stoppée par l’armée serbe, victorieuse à Cer le 23 aout, après quoi les Austro-Hongrois se replient sur les territoires déjà conquis.

L’armée de Sandžak et la division de la Lim

La situation peu reluisante à Sandžak force des changements dans l’état-major monténégrin. Ainsi est formée l’armée de Sandžak, dirigée par le général Janko Vukotić. Elle passe à l’offensive après avoir repoussé les Austro-Hongrois de l’autre côté de la frontière. Le 8 septembre 1914, les Monténégrins ont déjà occupé Foća et conquis la rive orientale de la Drina. Poursuivant leur avancée vers Kalinovik, des sections du détachement d’Herzégovine, d’où est formé un détachement de la Drina, arrive pour soutenir l’armée de Sandžak. L’offensive dans le sud-est de la Bosnie continue du 15 septembre au 25 octobre, appuyée par l’armée serbe d’Užice. Après la conquête de Goražde, l’avancée continue vers Rogatica, qui tombe le 17 septembre 1914. Les troupes monténégrines sont à présent à 15 kilomètres de Sarajevo. Les combats sont en pause jusqu’au 9 octobre, lorsque les Austro-Hongrois attaquent l’armée de Sandžak et l’armée serbe d’Užice. De féroces combats se poursuivent et, le 21 octobre, près de Glasinac, l’aile gauche de l’armée de Sandžak finit par être vaincue. Elle entame son repli jusqu’au 24 octobre. L’armée de Sandžak et le détachement de la Drina prennent alors position sur la rive occidentale de cette rivière. Dans ces combats, les Monténégrins perdent plus de 11 % de leurs forces : 468 morts et 1 203 blessés. Pour protéger le flanc droit de l’armée de Sandžak, la division de la Lim a été formée, chargée de garder la rive occidentale de cette rivière entre Visegrád et Priboj. Lors de la bataille de la Kolubara (novembre-décembre 1914), cette division réussit à défendre les arrières de l’armée serbe et à capturer Visegrád le 12 décembre. Après la victoire serbe à la Kolubara, les opérations cessent dans ce secteur entre janvier et octobre 1915, et la division de la Lim réintègre l’armée de Sandžak.

Men in hospital

Le détachement de la Vieille Serbie et la frontière albanaise

En réponse à l’agitation politique austro-hongroise en Albanie et à l’armement des Albanais le long de la frontière, le commandement monténégrin forme un détachement serbe pour garder sa frontière avec l’Albanie, longue de 180 kilomètres et s’étendant du lac Skadar au Kosovo et à Metohija, en passant par les Prokletije. Comme le détachement de la Vieille Serbie n’a pas assez de soldats pour garder toute la frontière, des groupes de civils armés sont formés à Tuzi, Plav-Gusinje, Rožaje, Peć, Đjakovica et autres sites importants près des passages frontaliers, ce qui permet une réponse rapide aux avancées albanaises. Immédiatement après la déclaration de guerre, des bandits albanais, les kacaks, amorcent leurs incursions, mais les forces monténégrines réussissent à les repousser. Outre leurs incursions territoriales, les kacaks menacent aussi la ligne de ravitaillement du Monténégro sur le lac Skadar en attaquant les convois monténégrins qui transportent de la nourriture et autres nécessités. Le dommage le plus important est infligé en juin 1915, quand 2 millions de kilogrammes de céréales destinées au Monténégro sont dérobés sur le port de Medova, malgré la promesse du gouvernement monténégrin de faire don de 200 000 kilogrammes à la population de l’Albanie.

Ces actions de l’Albanie amènent le gouvernement du Monténégro à songer à s’emparer de Shkodër et des villes frontalières albanaises. Ces mesures sont exigées par ceux qui n’ont pas oublié qu’en réponse aux pressions politiques des grandes puissances, le Monténégro avait dû abandonner Shkodër lors de la guerre balkanique de 1913 et la céder à l’Albanie, dont la conquête antérieure avait coûté la vie à bien des Monténégrins. Le Monténégro occupe des parties de l’Albanie en juin 1915, après que l’armée serbe, sans en avoir informé le Monténégro, eût traversé la frontière serbo-albanaise et occupé Elbasan et Tirana. C’est alors que, sur les ordres du roi Nikola et à l’insu des officiers serbes, le détachement de la Vieille Serbie lance une attaque le 18 juin 1915 et, le 28 juin, entre dans Shkodër et Medova. Les incursions albanaises arrêtent après cette occupation et le flux de nourriture et autres nécessités se normalise.

Les membres de l’Entente condamnent l’action unilatérale du Monténégro et ne reconnaissent pas son occupation de Shkodër et Medova. La Serbie désapprouve elle aussi, malgré que l’incursion monténégrine en Albanie ait détourné l’attention d’une action semblable des Serbes. En raison de l’occupation, Janković démissionne comme chef d’état-major et le colonel Petar Pešić est nommé pour le remplacer. Avant son départ, Janković se rend à l’ambassade du Royaume-Uni où il se dit convaincu que le roi Nikola a conclu un accord secret avec l’Autriche-Hongrie. Cette accusation sème un doute sérieux sur la loyauté du Monténégro envers l’Entente, même si la fausseté de l’accusation de Janković est plus tard démontrée. Dans les années 1950, l’Institut d’histoire militaire de Belgrade demande à deux reprises aux Archives d’État à Vienne pour la Première Guerre mondiale des documents concernant d’éventuels accords entre le Monténégro et l’Autriche-Hongrie, et reçoit deux fois la même réponse : ces documents n’existent pas. N’empêche, bien que la crise de Shkodër fonctionne sur le plan militaire ― puisqu’elle met fin aux incursions albanaises ― elle nourrit la méfiance des membres de l’Entente envers le Monténégro.

L’offensive austro-hongroise et allemande de 1915

L’offensive austro-hongroise et allemande contre le Monténégro et la Serbie commence le 5 octobre 1915. L’empire bulgare s’y joint onze jours plus tard. Au début de l’offensive, l’armée du Monténégro compte 48 000 soldats. Le moral et la discipline sont à toute épreuve, et la structure de l’armée reste inchangée depuis décembre 1914. Quelque 51 000 Austro-Hongrois leur font face. Aucun combat important n’a lieu sur le front monténégrin pendant les deux premières semaines, mais le 22 octobre 1915, la division 62 de l’armée austro-hongroise attaque les Monténégrins en établissant une tête de pont dans la région de Visegrád. Les combats se poursuivent ensuite sans cesse jusqu’en janvier 1916. L’armée de Sandžak tient ses positions jusqu’à la mi-novembre, mais le commandement suprême ordonne ensuite un repli par étapes vers des positions dans l’intérieur du Monténégro. La tâche du Monténégro est de protéger le repli de l’armée serbe jusqu’à l’Adriatique, puisque les forces bulgares ont bloqué la retraite serbe vers la Grèce via la Macédoine. L’armée de Sandžak assume alors le rôle de protecteur de l’armée serbe. Les combats les plus féroces ont lieu entre les rivières Lim et Tara. Les troupes austro-hongroises ne rejoignent donc la Tara qu’à la mi-décembre et n’arrivent pas à la franchir, ce qui contrarie leur objectif : menacer la retraite des troupes serbes vers l’Adriatique. Les attaques austro-hongroises continuent jusqu’en janvier 1916. Berane tombe la première le 5 janvier, puis, pendant la Noël orthodoxe les 6 et 7 janvier, les environs de Mojkovac font l’objet de combats. C’est là que les Monténégrins défont les Austro-Hongrois, leur plus grande victoire dans cette guerre. Le général austro-hongrois Franz Conrad von Hötzendorf reconnait la détermination des Monténégrins lorsqu’il affirme : « Nous avons combattu contre des héros d’un conte de fées. »

Group of nurses and doctors

L’offensive austro-hongroise et allemande sur les fronts du Lovćen et d’Herzégovine

Au début de l’offensive d’octobre 1915, les fronts du Lovćen et d’Herzégovine sont relativement tranquilles. Cependant, au début novembre, l’armée austro-hongroise tente sans succès de briser le front d’Herzégovine près de Grahovo. Les combats ne s’engagent vraiment avec intensité dans cette section qu’à la fin décembre 1915. La principale attaque vise la région du Lovćen, car elle offre une route directe vers Cetinje, la capitale historique du royaume. L’Autriche-Hongrie a un avantage de 6 à 1 quant aux troupes, et de 12 à 1 quant à l’artillerie. L’attaque sur Lovćen commence le jour de la victoire à Mojkovac. Les forteresses et la flotte austro-hongroises sur la baie de Kotor ouvrent un feu nourri sur les positions monténégrines, alors que leurs troupes avancent le long des pentes abruptes du mont Lovćen. Symbole de la liberté du Monténégro, le Lovćen tombe le 12 janvier 1916 et les Austro-Hongrois entrent dans Cetinje le lendemain. Le roi Nikola bat d’abord en retraite vers Podgorica, et le 19 janvier, arrivé à Shkodër, il se rend à Medova, puis en Italie.

Armistice, occupation et résistance du Monténégro

Le 21 janvier 1916, le gouvernement du Monténégro, réduit à trois ministres, décide de démanteler son armée. Le 25 janvier, un armistice est signé avec les Puissances centrales. Le Royaume du Monténégro a essentiellement capitulé, même seul le roi Nikola peut officiellement et légalement conclure la paix.

Les autorités austro-hongroises forment un gouvernorat général militaire, qui garde le Monténégro sous occupation. Pour maintenir l’ordre, l’Autriche-Hongrie affecte 40 000 soldats au Monténégro, une concentration de troupes rarement vue ailleurs. Les occupants adoptent une politique brutale envers les Monténégrins, qui souffrent quotidiennement de la pauvreté et de l’humiliation. Les gens mangent l’écorce des arbres, font cuire des orties et autres plantes, et les épidémies font rage. Mais au milieu de l’année 1916, le mouvement insurgent komite mène des actions contre l’occupant austro-hongrois, l’entrainant à exécuter 500 Monténégrins et à en interner 9 500 autres dans des camps. Lors des troubles politiques de 1918, l’équipage austro-hongrois du SMS Sankt Georg et du SMS Gea font mutinerie dans la baie de Kotor. Six milles d’entre eux exigent la fin de la guerre, une meilleure alimentation et des congés plus fréquents. Influencés par la révolution bolchevique en Russie, les marins adoptent le drapeau rouge. Leur mutinerie est écrasée en trois jours et les autorités exécutent quatre marins.

La perte de l’indépendance

La libération du Monténégro de l’emprise austro-hongroise commence lors de la percée de l’Entente sur le front macédonien en septembre 1918. Les insurgés monténégrins du komite intensifient leurs opérations et une révolte armée se produit. La plupart des villes sont libérées, mais l’armée serbe ne participe qu’à la libération de Podgorica à la fin octobre.

À la fin de la guerre, le commandement suprême serbe ordonne aux détachements d’insurgés de se démanteler, et entame l’unification du Monténégro avec la Serbie. Ainsi a lieu du 24 au 29 novembre 1918 l’assemblée illégitime et illégale de Podgorica, qui prend la décision d’unifier sans condition le Monténégro à la Serbie. L’assemblée de Podgorica dépose aussi le roi Nikola et sa dynastie.
Pendant la Première Guerre mondiale, l’armée monténégrine essuie des pertes de quelque 20 000 hommes, morts, blessés ou portés disparus, ce qui représente 10 % de la population du pays en 1912. Les pertes matérielles sont estimées à 723 millions de francs. Cependant, la plus grande perte est la disparition de l’État du Monténégro, englouti par le nouveau Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes. Lord Sydenham est celui qui a le mieux décrit la perte de son indépendance par le Monténégro : « Je demande sincèrement une certaine sympathie pour le Monténégro, notre plus petit allié, qui s’en serait mieux sorti s’il avait déclaré sa neutralité pendant la guerre, et ne s’en serait pas plus mal tiré s’il avait été du côté de nos ennemis! »

Filip Kuzman, directeur du Musée national du Monténégro